Dans une lettre, l’UDI appelle Hollande à ne «plus perdre une minute» – Le Scan – 6 novembre 2014

LE SCAN POLITIQUE – Dans un courrier au chef de l’État, les présidents des groupes centristes à l’Assemblée et au Sénat énumèrent les «décisions immédiates» qui doivent selon eux être prises.

Pour Philippe Vigier et François Zocchetto, il y a urgence. Dans une lettre adressée à François Hollande pour sa mi-mandat, les présidents des groupes UDI à l’Assemblée et au Sénat dressent un bilan sans concession des deux ans et demi de présidence socialiste. «Vos erreurs et vos échecs ont enlisé la France dans la crise», écrivent-ils dans ce courrier que Le Scan a pu consulter. «Vous avez fragilisé la parole présidentielle, miné la cohésion sociale, alimenté la contestation de votre légitimité et brisé la confiance des Françaises et des Français, dont l’adhésion à l’effort de sortie de crise est pourtant le plus puissant des moteurs».

Ils appellent le chef de l’État à «ne plus perdre une minute» pour redresser la barre, lui recommandant notamment une série de mesures d’urgence pour lutter contre le fléau du chômage: «baisser massivement les charges pesant sur le pouvoir d’achat et sur le coût du travail, relancer les secteurs du bâtiment et des travaux publics et celui des services à la personne et lancer un grand plan en faveur de l’apprentissage afin de doubler le nombre d’apprentis en France, et faire ainsi passer un message fort à la jeunesse, trop souvent dans le doute».

«Le rassemblement le plus large possible»

Philippe Vigier et François Zocchetto exigent également que soient menées à bien un certain nombre de réformes, comme celles des collectivités territoriales, de la protection sociale ou de la formation professionnelle tout au long de la vie. «Pour y parvenir, nous vous demandons de mettre en place une méthode et un calendrier clairs, de vous appuyer sur l’écoute, le compromis, le rassemblement le plus large possible», recommandent les deux parlementaires centristes, qui souhaitent également l’introduction d’une dose de proportionnelle.

«Vous devrez ainsi dépasser les desseins électoraux et les considérations partisanes et corporatistes, pour engager les transformations profondes et en faire des mutations irréversibles», concluent-ils dans leur lettre. Un appel proche de celui lancé par François Bayrou, ce jeudi, à Pau: «Dès l’instant que le soutien se réduit à une minorité, il est impossible de conduire une action efficace de long terme (…) Désormais, et pour une longue période, aucune force politique ne pourra gouverner seule», a estimé le patron du MoDem.

La lettre en intégralité