QA de Yannic Favennec sur la ruralité – 24 mars 2015

Questions au Gouvernement, 24 mars 2014

Question de Yannic Favennec sur la ruralité

Monsieur le Premier ministre, je crois que vous ne connaissez vraiment pas la vie quotidienne des habitants des territoires ruraux. J’en veux pour preuve les mesures annoncées il y a une semaine, comme par hasard juste avant le premier tour des élections départementales. Les expéditives Assises de la ruralité et le déplacement de la moitié de votre gouvernement aboutissent, in fine, à des propositions réchauffées, éloignées des urgences des acteurs ruraux. Vous avez déclaré à cette occasion qu’il fallait réinventer les territoires ruraux. Mais, monsieur le Premier ministre, vos propositions autour des maisons de services publics, des pôles de santé ou de l’aménagement numérique du territoire ont été inventées il y a déjà dix ans ! (Applaudissements sur les bancs du groupe UDI et sur plusieurs bancs du groupe UMP.)

Visiblement, vous n’avez pas entendu dimanche l’avertissement de la désespérance d’un monde rural qui se sent relégué, déclassé et abandonné, alors qu’il est une richesse et une chance pour notre pays, alors que sa diversité contribue à l’identité de la France. Inspirez-vous de ce que Jean-Louis Borloo avait fait pour les banlieues ! Mettez en place un véritable plan Marshall pour la ruralité, en particulier dans le domaine des infrastructures routières, ferroviaires et numériques !

Monsieur le Premier ministre, ce n’est pas en vous invitant à la dernière minute au congrès de la FNSEA, jeudi, à Saint-Étienne, que vous allez rassurer nos agriculteurs ! Faites-leur d’abord confiance et faites confiance aux artisans, aux commerçants, aux patrons de PME, à leurs salariés, aux bénévoles associatifs et à tous ces acteurs de terrain, en desserrant le carcan insupportable des normes et des règlements administratifs ! Laissez travailler les élus ruraux en arrêtant de les étouffer par des baisses brutales des dotations de l’État ou par une réforme territoriale qui les pénalise et menace de les faire disparaître ! (Applaudissements sur les bancs du groupe UDI.)

Monsieur le Premier ministre, quand comprendrez-vous enfin que le cri d’alarme des ruraux, dans les urnes dimanche dernier, pourrait un jour se transformer en cri de révolte, voire en cri de révolution ?