Question de Rudy Salles – 5 mai 2015

M. Manuel Valls, Premier ministre.

Monsieur le député, la ministre de l’éducation nationale a déjà eu l’occasion de répondre à deux questions sur la réforme du collège et des programmes, et je ne doute pas qu’elle y revienne dans un instant. Mais je tiens à vous répondre parce que précisément la jeunesse est notre priorité, parce que l’école est la priorité de ce quinquennat et que je ne supporte plus les contre-vérités de l’opposition sur cette réforme. (Exclamations sur les bancs du groupe UMP.)

C’est notre priorité pour les raisons évoquées par la ministre de l’éducation nationale : premièrement, l’école est redevenue le premier budget de la nation ; deuxièmement, nous avons décidé de recruter 60 000 enseignants pendant ce quinquennat, quand vous en avez supprimé des milliers(« Contre-vérités ! » sur les bancs du groupe UMP) ; surtout – c’est un point essentiel qui explique que je ne puisse me retrouver dans vos propos, monsieur le député –, l’élitisme républicain c’est lutter contre les inégalités. Or, malheureusement, l’école ne cesse de reproduire ces inégalités depuis des années.

Nous voulons répondre d’abord à l’angoisse des familles, des classes moyennes et des couches populaires qui sont aujourd’hui en échec parce que la majorité précédente non seulement a mis en cause la priorité fondamentale qu’est l’école et supprimé des milliers de postes, mais a également saccagé – j’utilise ce mot à dessein – la formation des enseignants, que nous avons rétablie.

Monsieur le député, il faut toujours regarder les choses en face. Pour restaurer cet élitisme républicain que vous appelez de vos vœux, il faut non seulement des moyens, mais également une refonte fondamentale de la pédagogie : c’est le sens de la réforme des collèges. Arrêtez ces contre-vérités : ni l’allemand, ni le latin, ni le grec ne seront supprimés.

Quant à la réforme des programmes, la ministre de l’éducation nationale l’a dit de manière très claire, elle est aujourd’hui en consultation. C’est une nostalgie que vous essayez de défendre, la nostalgie d’une France du passé.

Nous, nous voulons regarder l’avenir. Cette réforme, sur laquelle les enseignants notamment seront consultés pendant encore un mois, devra revoir notre roman national, non pas celui de la nostalgie, mais celui qui correspond à la réalité du monde d’aujourd’hui, qui arme les jeunes et les collégiens pour le XXIème siècle. Sortez de la nostalgie, regardez la réalité de ce que vous avez fait quand vous étiez au pouvoir et soutenez une réforme dont le pays et sa jeunesse ont besoin !