Questions au Gouvernement, 30 juin

Question de Charles de Courson

« Ma question s’adresse à M. le Premier ministre, puisque M. le ministre de l’économie n’a pas répondu à la question de notre collègue du groupe de la Gauche démocrate et républicaine.

Monsieur le Premier ministre, hier, à l’aube, le Parlement grec a voté, à la demande de son gouvernement, en faveur de l’organisation d’un référendum dimanche prochain sur l’acceptation ou le refus d’un avant-projet d’accord entre la Grèce et ses partenaires.

Dans l’hypothèse, qui ne peut être écartée puisque le gouvernement grec lui-même appelle à voter « non », où le peuple grec voterait dimanche en faveur du « non », quelles conséquences entendrait en tirer le gouvernement français ? »

M. Michel Sapin, ministre des finances et des comptes publics. « Merci, monsieur le député, pour la brièveté de votre question, à laquelle je vais répondre un tout petit peu plus longuement, les réponses n’étant pas aussi simples que les questions dans ce domaine.

Tout d’abord, monsieur de Courson, une question est posée au peuple grec. Elle est posée à partir d’un document qui n’est pas le produit d’un accord, mais qui est en cours de négociation. C’est le choix qu’a fait le gouvernement grec et j’ai décrit, en répondant à une question sur la situation de la Grèce, quelle était la situation de la négociation et quelles étaient les propositions, en particulier celles de la France qui défend un accord global afin qu’il soit durable.

Ensuite, monsieur de Courson : nous sommes aujourd’hui mardi. Nous avons encore devant nous quelques heures pendant lesquelles, à l’initiative de la France, à l’initiative de la Commission et en particulier de M. Juncker, des propositions peuvent être faites.

Il reste encore quelques heures pendant lesquelles, dans le dialogue avec le gouvernement grec, nous pouvons essayer de trouver une solution qui soit bonne pour la Grèce et bonne pour l’Europe.

C’est d’abord et avant tout à cela que je me consacre aujourd’hui, et non pas à faire des hypothèses sur tel ou tel résultat du référendum.

Enfin, monsieur de Courson : je veux dire clairement ici que les conséquences du « oui » ne sont pas les mêmes que les conséquences du « non ».

La conséquence du « oui », c’est que le dialogue et la négociation continuent. Je cherche ici à éclairer le débat – la France et le Président de la République le font depuis longtemps –, et non pas à faire campagne dans un sens ou dans l’autre.

La conséquence du « non », c’est que nous glissons dans une voie inconnue : celle du risque de la sortie de l’euro. Nous n’en voulons pas pour la Grèce ! Nous voulons la Grèce dans l’euro, nous voulons une Europe forte, nous voulons une Europe solidaire avec la Grèce, et c’est cela que nous privilégions, y compris dans les instants qui suivent. »