Question de Jean-Christophe Fromantin, 27 octobre 2015

Au regard de l’enjeu que représente l’emploi, j’associe à ma question l’ensemble du groupe UDI, monsieur le président.

Nous aurions envie de nous réjouir de la baisse de 23 000 demandeurs d’emploi évoquée précédemment, mais comment pourrions-nous le faire avec 5,7 millions de chômeurs, un chiffre qui a augmenté de 125 000 au cours de cette année ? Il faut vraiment poser la question de la politique de l’emploi et regarder ces chiffres en face, dans leur vérité. Sont-ils le reflet d’une nouvelle politique économique ou simplement des mouvements erratiques liés à quelques mesures correctives ? Lorsque l’on en examine le détail, on s’aperçoit qu’ils ne traduisent pas vraiment une politique économique qui aurait intégré les nouveaux codes de l’économie telle qu’elle évolue.

Il suffit de regarder le chômage des jeunes. Certes, il bouge un peu, mais c’est grâce aux contrats aidés et non à de nouveaux mouvements économiques. (Approbations sur les bancs du groupe de l’Union des démocrates et indépendants.)

Il suffit de regarder aussi le chiffre terrible du chômage de longue durée, qui explose. Or, vous le savez, le chômage de longue durée est le principal témoin d’une économie qui décroche, et non pas d’une économie qui se réveille et qui prospère.

Enfin, si l’on veut vraiment comparer les chiffres, prenons ceux de nos voisins européens, qui se trouvent tous dans une situation différente. Nous sommes le seul pays d’Europe – mais la comparaison vaut aussi avec d’autres pays, tels le Japon ou les États-Unis – dont la courbe continue à décliner, alors qu’ailleurs les courbes se sont déjà inversées. 

Monsieur le Premier ministre, soyons vigilants ! Nous décrochons en termes de parts de marché et nous décrochons en termes d’emploi par rapport aux autres pays. Ces deux agrégats ne sont-ils pas le témoin d’une dramatique perte de vitesse de l’économie générale ? 

M. Jean-Marie Le Guensecrétaire d’État chargé des relations avec le Parlement. Sur un mode interrogatif mais un peu trop pessimiste de mon point de vue, vous posez deux questions, monsieur le député.

Premièrement, est-il utile de mettre en place, notamment à destination des jeunes chômeurs, une politique volontariste pour leur offrir une première insertion dans l’action vers l’emploi ?

Nous le faisons car nous pensons que cette politique est bonne. Elle donne d’ailleurs des résultats : depuis quatre mois, plus de 30 000 jeunes ont trouvé ou retrouvé un emploi. Et nous avons bien l’intention de continuer pour ces jeunes, en mobilisant 150 000 emplois d’insertion et en créant d’autres dispositifs dont nous aurons l’occasion de discuter ici même dans les semaines qui viennent, notamment à l’occasion de l’examen d’une proposition de loi de M. Grandguillaume. Par une action volontariste de l’État, nous faisons en sorte que les jeunes, mais aussi les chômeurs de longue durée, réintègrent l’emploi.

Deuxièmement, existe-t-il, au-delà de ces politiques volontaristes, des éléments de politique économique indiquant que nous prenons une meilleure direction ?

Le chiffre des créations d’emplois par nos entreprises, et non le simple chiffre de la diminution du nombre de chômeurs, est sans doute le signal positif que vous attendez. Plus de 35 000 emplois ont en effet été créés ces dernières semaines. Vous n’ignorez pas non plus que la croissance repart, de même que le moral des chefs d’entreprise. Contrairement à vous, ceux-ci ont une vision pragmatique des choses et ils nous disent que notre économie est en train de repartir.

 Au-delà des politiques volontaristes de l’État et du Gouvernement, c’est toute une économie qui repart avec la mobilisation de tous les Français.