Question au gouvernement de Franck Reynier sur le bilan de la politique gouvernementale – 18 mai 2016

Monsieur le Premier ministre, « Ça va mieux ! », a annoncé une nouvelle fois le Président de la République hier ! Ça va mieux et cela permettra même de diminuer l’impôt des Français les plus modestes. Mais cela n’effacera pas, dans la mémoire et le portefeuille des Français, les 85 milliards d’euros d’impôts supplémentaires votés lors de ce quinquennat ! Cela n’effacera pas non plus, pour les 9,5 millions de Français qui en bénéficiaient, la fin de l’allégement et de l’exonération des heures supplémentaires !

Le Président de la République a également annoncé qu’il n’envisage aucune hausse de la TVA, qui permettrait pourtant d’alléger, au profit des entreprises et des salariés, les charges qui pèsent sur le travail. Mais peut-être François Hollande a-t-il fait cette annonce parce qu’il a déjà augmenté la TVA lors de ce quinquennat !

Il a aussi annoncé que ça va mieux sur le front de l’emploi. On y constate en effet des améliorations, mais elles n’effaceront pas les 600 000 chômeurs supplémentaires créés par les gouvernements successifs de ce quinquennat ! Ça va mieux, mais après tous les renoncements de ce quinquennat, au sujet de la loi travail ou de la loi Macron adoptées grâce au 49-3 comme de l’écotaxe ou de la déchéance de nationalité, les Français voient bien que ça ne va pas mieux !

Un autre sujet nous préoccupe, parmi les membres du groupe UDI, c’est le délitement de l’ordre républicain et de l’autorité de l’État, qui a commencé par l’affaire Leonarda et continué avec l’enlisement des zadistes à Notre-Dame-des-Landes ou à Sivens. L’autorité de l’État est menacée et j’apporte une nouvelle fois notre soutien à nos policiers et à nos forces de l’ordre en général. Avec l’énergie que l’on vous connaît, monsieur le Premier ministre, qu’allez-vous désormais proposer pour dire à toutes celles et tous ceux qui…

M. Manuel Valls, Premier ministre. Votre question est très vaste, monsieur le député Reynier, et touche à de nombreux sujets. Je ne répéterai pas ce que le ministre de l’intérieur a eu l’occasion de dire il y a un instant.

J’entends la petite musique au sujet de l’autorité de l’État. J’ai la conviction que créer des postes de policiers et de gendarmes, alors que vous avez soutenu ceux qui en supprimaient, et donner davantage de moyens techniques, financiers et matériels aux policiers, aux gendarmes, aux services de renseignement et à nos forces armées fait vivre l’autorité de l’État.

Elle est en effet nécessaire car on voit bien que notre société connaît parfois une forme de décomposition politique, de radicalité et de violence.

J’ai néanmoins une conviction : C’est précisément dans ces moments-là, que l’on soit dans la majorité ou dans l’opposition, qu’il faut faire preuve de responsabilité, ne pas attiser les braises et répondre ensemble à la violence et à la mise en cause des institutions de l’État.

Vous avez également posé des questions relatives à la politique économique. Depuis que je suis Premier ministre, nous baissons chaque année l’impôt sur le revenu des ménages modestes et des classes moyennes.

Nous l’avons baissé en 2014 et en 2015 et le baisserons encore en 2016. Cette baisse bénéficie à 12 millions de ménages et concerne les classes moyennes et les catégories populaires.

Il s’agit d’un engagement de 5 milliards d’euros. Je suis prêt à en débattre avec vous qui êtes au cœur des primaires de la droite et du centre. J’entends ce que l’on y propose : supprimer l’ISF, baisser l’impôt des plus fortunés de notre pays et augmenter la TVA généralement et dans des conditions que l’on ne connaît pas. Cela s’appelle l’injustice fiscale. Je suis prêt, monsieur le député, à débattre et de l’autorité de l’État, et du modèle social, et de la politique économique et de la justice fiscale ! Les Français auront alors l’occasion de juger concrètement les actes et les programmes engageant le pays pour les années à venir !