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Les erreurs de prévision du Ministre du budget – Communiqué de Jean-Christophe Fromantin

Lors de ma question au Gouvernement du 7 octobre dernier, alors que j’alertais le Ministre des finances sur le manque de sincérité de ses hypothèses budgétaires (cf. PJ), le Secrétaire d’Etat au budget m’a répondu que les éléments de prévisions du PLF 2016 étaient réalistes et « qu’ils avaient toujours atteint leurs objectifs d’économies ».

Or, dans ce même PLF, le Gouvernement reconnait que:

  • les économies réalisées en 2015 seront de 18,6 Mds€ contre 21 Mds€ budgétisés !
  • les économies à réaliser en 2016 seraient de 16 Mds€ contre 14,5 Mds€ budgétisés !

Il y a donc bien eu 2,4 Mds€ d’économies nettes non tenues en 2015. Selon le PLF, cet écart vient du « ralentissement prononcé de l’inflation (qui) a réduit le rendement attendu de plusieurs mesures d’économies » – c’est donc bien une erreur de prévision qui confirme les risques de sur-estimation des variables macroéconomiques en 2016.

Enfin, quand bien même ce manque à gagner serait récupéré, il devra mécaniquement être financé à court terme par une augmentation de la dette et des frais financiers associés. Cela explique probablement la dégradation par Moody’s de la note de la France (de Aa1 à Aa2) le 18 septembre dernier.

« Si on ajoute à cela, que plus de 10 milliards sont comptabilisés en économie alors qu’ils ne sont qu’une estimation d’une perspective de ralentissement du rythme des dépenses, on voit alors combien ce budget 2016 est à la fois fragile et incertain » confirme le Député qui alerte à nouveau sur le caractère non sincère du budget de la France.

Question de Philippe Gomes, le 13 octobre 2015

Ma question s’adresse à M. le Premier ministre. Le secteur du nickel traverse une très grave crise, comme celui des matières premières en général, son cours étant le plus bas de la décennie écoulée. De ce fait, la société Eramet connaît de très sérieuses difficultés, son action ayant perdu 30 % au cours des dernières semaines.

L’État entend-il s’investir pleinement dans la définition de la stratégie de la société Eramet ? Je ne souhaite pas que la filiale calédonienne de cette société, la société Le Nickel, dite SLN, pâtisse de la politique suivie ces dernières années par sa maison mère, les intérêts de la filiale calédonienne ayant été insuffisamment pris en compte. Je pense notamment à la distribution massive de dividendes ces dernières années, à hauteur de 80 millions d’euros, qui prive aujourd’hui la SLN des fonds nécessaires pour affronter la crise et les pertes qui en résultent. Je pense aussi aux reports successifs de la décision de construction de la centrale électrique dont l’usine a besoin, portant grandement atteinte à sa compétitivité.

Ma question est donc la suivante : l’État entend-il jouer pleinement son rôle d’actionnaire au sein de la société Eramet pour lui permettre de passer ce cap difficile et pour donner à la SLN les moyens de sa compétitivité, en sus des efforts déjà engagés par le personnel de l’entreprise ?

Mme Martine Pinvillesecrétaire d’État chargée du commerce, de l’artisanat, de la consommation et de l’économie sociale et solidaire. Je vous remercie pour cette question qui me permet d’aborder ce sujet important et extrêmement sensible pour la Nouvelle-Calédonie. Comme vous l’avez évoqué, les matières premières, notamment le nickel, traversent depuis quelques mois une crise importante qui pourrait malheureusement, et nous le regrettons, s’inscrire dans la durée.

La baisse de la demande, couplée à des stocks surexcédentaires et à une capacité extractive mondiale mal adaptée aux besoins des industries, a entraîné une chute du prix de la tonne, qui se situe aujourd’hui autour des 10 000 dollars. Ce niveau de prix gêne les opérateurs du secteur.

L’État a bien entendu conscience des difficultés du marché, qui ne se cantonnent d’ailleurs pas à la Nouvelle-Calédonie. Nous sommes attentifs au maintien des capacités industrielles en Nouvelle-Calédonie, et le Gouvernement se montrera particulièrement vigilant, en lien avec le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, au maintien des emplois.

Le Gouvernement suit donc avec attention l’évolution du marché et de ses conséquences directes et immédiates sur chacun des trois opérateurs industriels implantés en Nouvelle-Calédonie. Vous pourrez compter, monsieur le député, sur le soutien actif du Gouvernement.

Report des allègements de charges pour les entreprises : Réaction de Philippe Vigier

Incapable de boucler le budget pour 2016, et cédant à la pression de l’aile gauche de la majorité, le ministre des Finances, le gouvernement vient d’annoncer un report des allègements de charges promis aux entreprises dans le cadre du pacte de responsabilité.

Philippe Vigier, Président du Groupe UDI à l’Assemblée nationale, a dénoncé ces dernières semaines les multiples annonces électoralistes de François Hollande, dont aucune n’était financée. Ce sont aujourd’hui les entreprises françaises qui font les frais de ces promesses démagogiques.

Les reniements du Président de la République sont malheureusement devenus la marque de fabrique de son quinquennat. Cet énième mensonge ne pourra que fragiliser plus encore la parole publique et la confiance des entreprises, pourtant indispensable au retour de la croissance.

Les erreurs du Gouvernement ont fait perdre trois ans à la France. Alors que le chômage continue de s’envoler, nous ne pouvons pas perdre trois mois de plus : il est indispensable que le Gouvernement mette en œuvre immédiatement l’intégralité du pacte de responsabilité. A défaut, ce pacte, pourtant présenté comme la pierre angulaire du quinquennat en faveur la croissance et l’emploi, ne serait que le reflet éclatant de l’échec de Manuel Valls face à l’archaïsme de sa majorité, qui n’a cessé de vouloir le mettre à mal.